Plan climat cantonal 2: de bonnes mesures, mais sous-financées

Le Conseil d’Etat a présenté aujourd’hui la deuxième mouture de son Plan climat cantonal (PCC 2). Si celui-ci est de grande qualité et contient plusieurs mesures stratégiques indispensables, encore faut-il se donner les moyens de les mettre en œuvre. Or, le financement prévu n’est clairement pas à la hauteur. En l’état, les moyens engagés ne permettront pas de concrétiser les ambitions affichées.

Il est rare que le Parti socialiste s’associe pleinement aux constats dressés par le Conseil d’État, mais c’est le cas ici. Dans son message, celui-ci relève à plusieurs reprises qu’une action insuffisante face au dérèglement climatique aura des conséquences humaines, financières et environnementales considérables et que le coût de l’inaction sera, à terme, supérieur aux investissements nécessaires pour mener une politique climatique efficace.

Le PS partage ce constat. Il peine dès lors à comprendre pourquoi le Conseil d’Etat n’en tire pas lui-même toutes les conséquences.

Un plan à 80 millions non financé

Dans une approche climatique intégrée, le PCC 2 prévoit des mesures pertinentes couvrant les principaux secteurs du bilan carbone cantonal. Mais encore faut-il se donner les moyens de les mettre en œuvre.

À cet égard, les 31 millions de francs prévus par le crédit-cadre, alors que 40 figuraient en consultation, apparaissent insuffisants. Le message du Conseil d’Etat estime lui-même à 80 millions les moyens nécessaires à la mise en œuvre des mesures prévues. Même avec les crédits additionnels, cela ne sera pas atteint. Autrement dit, le Gouvernement présente un plan dont il reconnaît lui-même les besoins financiers, tout en ne prévoyant que la moitié moins des moyens nécessaires. Et ce, alors que les conséquences du dérèglement climatique n’ont jamais été aussi concrètes que cet été avec des dégâts énormes aux cultures, aux forêts et aux cours d’eau ainsi que des effets désormais directement perceptibles sur la santé humaine.Après avoir déjà réduit les moyens consacrés aux mesures climatiques dans le cadre du PAFE, le Conseil d’Etat fait ainsi le choix de sous-financer sa propre politique climatique.

Des lacunes qui auraient pu être corrigées

Le PS regrette enfin que le Conseil d’Etat ne se soit pas montré davantage ouvert à compléter son plan à l’issue de la consultation. Plusieurs mesures importantes restent absentes du PCC 2. Le Canton devrait notamment :

  1. Supprimer progressivement les subventions nuisibles à l’environnement, permettant au passage de redresser les finances cantonales.
  2. Accélérer le report modal, notamment en renforçant les infrastructures cyclables et en revoyant les incitations fiscales liées aux transports.
  3. Renforcer la biodiversité, notamment en forêt tant les crises du climat et de la biodiversité sont étroitement liées et doivent être combattues conjointement.

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