Des finances au service du canton

Le parti socialiste fribourgeois a pris connaissance des comptes du canton pour l’année 2013. La situation bien que légèrement déficitaire n’est de loin pas alarmante en l’état. Si cette situation mérite une attention toute particulière pour les années à venir, elle ne nécessite pas des gesticulations intempestives dans la gestion courante du canton.

 Alors que le canton de Fribourg a bénéficié de comptes mirobolants depuis plus de 10 ans, voilà que la tendance s’est inversée. La cause principale de cette détérioration des finances de l’Etat n’est autre que les multiples baisses fiscales octroyées ces dernières années, et qui, jumelées à une croissance démographique conséquente, ne peuvent que jouer un effet de levier négatif sur les finances cantonales.

Bien que déficitaire, la situation des comptes 2013 ne doit pas être considérée comme alarmante. Notre canton a de la marge et cette marge doit certainement faire rêver plus d’une collectivité. Tout d’abord, le déficit présenté est infime. Un déficit de 900'000 Fr. qu'il faut mettre en relation avec l’augmentation, entre le budget et les comptes, de 2,6 millions d’amortissements. Nous constatons que le débat sur les méthodes d’amortissements du canton, mené il y a une semaine au Grand Conseil, est toujours et encore d’actualité. L’autre indice de la marge actuelle de notre canton est son degré d’autofinancement de 87%. Alors que le manque de financement propre est souvent mis en avant, (le canton a dû trouver 18,3 millions hors de son fonctionnement), nous relevons que ce ratio de plus de 87% est excellent et que la plupart des communes de notre canton rêverait d’atteindre ce chiffre idéal.

Le canton de Fribourg grandit, investit énormément. Et malgré ceci, pour un investissement de 100, il n’a besoin que de 13 de financement extérieur. Et encore… Ce financement ne vient pas de sources extérieures puisque la fortune du canton est de l’ordre du milliard ! Voilà ce qu’il convient de considérer comme une marge certaine.

Ces derniers mois, ces dernières semaines, le Conseil d’Etat a multiplié ses propositions pour prévenir les déficits à venir. Certaines mesures sont désormais effectives. D’autres sont prévues. Le PSF demande à ce que le Conseil d’Etat cesse ces gesticulations à tout va et présente une solution complète en tenant compte de la situation économique globale et des défis à relever. Si aujourd’hui, le Conseil d’Etat n’ose pas parler d’augmentation du coefficient d’impôt, il se permet par contre d’augmenter l’impôt sur les véhicules, le prix du permis de pêche, l’écolage ou encore les participations des parents au conservatoire…. cherchez l'erreur.

Notre canton grandit comme nul autre. Et cette croissance est exigeante. Les finances de notre canton doivent être au service de cet essor, doivent être gérées dans la durée tout en évitant les soubresauts incessants. Et c’est le Conseil d’Etat tout entier qui doit prendre la mesure de notre situation. Or nous assistons, tour à tour, à des lamentations sur notre croissance démographique et des campagnes de publicité vantant les mérites de la vie à Fribourg…

Le PSF demande au Conseil d’Etat de s’engager pour une nouvelle politique économique. Une politique axée, non pas sur de faux-semblants, mais sur une vraie vision d’avenir. Nous demandons à ce que l’exécutif s’engage avec vigueur dans le renforcement du pôle économique du Grand Fribourg. Il s’agit maintenant (suite à ce week-end de votations communales) de prendre nos responsabilités quant à l’avenir de notre capitale, d'un centre fort, qui profitera à notre canton tout entier.

01. avr 2014