Le Conseil d’Etat fribourgeois a présenté aujourd’hui un budget équilibré sans les mesures de la LAFE, un budget qu’il aurait en réalité tout aussi bien pu soumettre dès l’automne dernier. Son retrait apparaît aujourd’hui totalement injustifié tandis que cette nouvelle version entre en totale contradiction avec la volonté populaire, puisqu’elle intègre encore des mesures issues du PAFE sans prévoir le moindre développement réel des prestations à la population.
À la découverte de ce budget, un premier constat s’impose : la décision politique du Conseil d’Etat de retirer son budget à l’automne afin de faire pression sur les référendaires (avec le « succès » que l’on connaît désormais) apparaît parfaitement ridicule. En effet, ce budget, dépourvu des mesures de la LAFE, aurait tout aussi bien pu être présenté à l’automne dernier, aucune donnée fondamentale n’ayant évolué depuis lors. Le Conseil d’Etat démontre ainsi qu’il n’était nullement nécessaire de prendre en otage l’entier de la population et de mettre l’administration sous pression pour assumer les conséquences de ses propres errements.
Le 26 avril dernier, la population a adressé une véritable gifle au gouvernement en refusant la LAFE et en adressant un message clair : il faut tourner la page de l’austérité. Les mesures de la compétence du Conseil d’Etat contenue dans le PAFE – un projet toujours présenté comme un paquet global et cohérent – ne disposent plus d’aucune légitimité démocratique. Leur maintien à peine un mois plus tard s’apparente à un déni de la volonté populaire.
Surtout qu’une nouvelle fois, le Conseil d’Etat semble avoir sous-estimé les recettes fiscales. Celles-ci augmentent certes par rapport au budget 2025, mais sont en réalité inférieures aux comptes 2025. Or, sur les cinq dernières années, les recettes fiscales ont connu une progression continue, de l’ordre de 20%. Le Conseil d’Etat a délibérément sous-estimé les recettes fiscales afin de justifier l’entrée en vigueur des mesures du PAFE relevant de sa compétence et de masquer l’absence de véritables projets en faveur de la population.
Car in fine, c’est là où le budget est le plus navrant : il ne prévoit aucun renforcement réel de prestations à la population. Le PS s’engagera fermement lors des débats en plénum pour le corriger et montrer qu’une autre vision de Fribourg est possible, où la population n’est pas systématiquement méprisée et où ses besoins fondamentaux sont placés au centre des priorités. Cela passera, bien entendu, par un rééquilibrage des forces politiques à l’automne.
